Le curcuma, épice salvatrice

La curcumine extraite du curcuma

Curcuma & Curcumine : Recherche Médicale & Application

Originaire du sud-est de l’Asiele curcuma est une plante vivace pouvant atteindre un mètre de hauteur. Son nom vient de l’arabe «kourkoum», qui signifie safran, d’où le nom de safran des Indes parfois donné à cette épice. La souche du curcuma est formée de gros rizhomes qui contiennent un groupe de pigments polyphénoliques, les curcuminoïdes, ainsi qu’une huile essentielle riche en sesquiterpènes.

Le composant majeur du rhizome est la curcumine. Il s’agit du curcuminoïde dominant, présent dans la poudre séchée à hauteur de 3 % environ.On l’emploie comme colorant jaune (E100).

 

Le curcuma et sa curcumine

 

On entend de plus en plus parler des bienfaits du curcuma, mais cette épice reste mal connue en Occident…

En effet, le curcuma demeure très associé à l’Inde, à sa cuisine.Là-bas, cela fait des siècles et des siècles que l’on utilise le curcuma, tant d’un point de vue culinaire que médicinal. Cette épice entre dans la composition du curry (1) et lui donne sa belle couleur jaune d’or.

Le curry étant un incontournable de la cuisine locale, l’Indien moyen consomme ainsi quotidiennement de l’ordre de 2 à 3 g de curcuma. Par ailleurs, l’usage de cette épice est ancestral dans la pharmacopée indienne. Les indications traditionnelles sont nombreuses et variées : troubles digestifs, hépatiques

et biliaires, douleurs arthritiques (2), entorses, maladies de peau, hématomes, œdèmes, abcès, infections, fièvres, maux de gorge, rhinite, inflammations oculaires, orgelet, aménorrhée, dysménorrhée, ménorragie, parasites intestinaux, traitement externe des blessures, cicatrisation des tissus internes en cas d’ulcères gastriques, de fissures anales, de déchirures musculaires…

La médecine occidentale a-t-elle tenté de percer les mystères de cette épice ?

Effectivement. Pressentant l’énorme potentiel thérapeutique du curcuma, la médecine occidentale a déjà compris depuis un certain temps (3) l’intérêt qu’il y avait à étudier de plus près cette épice et, surtout, à mieux comprendre les mécanismes d’action de son composant majeur, la curcumine.

Le premier article scientifique sur les vertus thérapeutiques du curcuma fut ainsi publié dès 1937 dans la revue de référence The Lancet. Depuis lors, les nombreuses recherches entreprises n’ont cessé de confirmer les bienfaits pour la santé du curcuma et de son principal principe actif, la curcumine.

Preuve de l’intérêt grandissant des chercheurs : depuis 2002, on ne dénombre pas moins de 900 publications scientifiques sur le curcuma !

Mais quelles sont donc les propriétés de cette épice ?

Elles sont nombreuses. Les propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes peuvent être qualifiées de basiques parce qu’elles induisent ou accentuent d’autres propriétés et étendent le champ des indications.

Les propriétés les plus remarquables, les plus porteuses d’espoir, à savoir les propriétés anti-cancer et antiAlzheimer, sont reliées à ces propriétés basiques, mais pas uniquement.

Les données épidémiologiques ont de quoi intriguer, tout de même : en Inde, on comptabilise 8 fois moins de cancers du poumon, 9 fois moins de cancers du sein, 10 fois moins de cancers du rein qu’en Occident !

On a, par ailleurs, constaté que les cancers du côlon, de la prostate, ainsi que les leucémies, sont moins fréquents dans les pays gros consommateurs de curcuma.

Enfin, il est à noter que les Indiens âgés de 70 à 79 ans sont 4,4 fois moins touchés par la maladie d’Alzheimer que les Occidentaux!

 

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Les études de laboratoires confirment-elles ces données épidémiologiques ?

Oui, le potentiel anti-cancer est avéré et, pour tout dire, impressionnant(4).

Le curcuma cumule les bons points, se révélant à la fois anticarcinogénique (prévient l’apparition de tumeurs induites par divers carcinogènes), antitumorale (intervient avec efficacité à tous les stades de formation du cancer : initiation, promotion, progression), anti-angiogénique (empêche la formation de nouveaux vaisseaux sanguins autour de la tumeur, entravant du même coup sa croissance) et antimétastasique (inhibe la migration des cellules tumorales et la formation de métastases).

À noter au passage que le curcuma réduit chez les fumeurs l’excrétion de substances mutagènes dans leurs urines. Le curcuma possède également des propriétés neuroprotectrices. Il franchit très facilement la barrière hémato-encéphalique et aide les cellules nerveuses à mieux combattre le stress oxydatif.

En augmentant l’activité d’une enzyme antioxydante endogène, la GPX, il contribue à empêcher l’oxydation des lipides, laquelle peut avoir pour conséquence d’accélérer la disparition des connections neuronales.

Dans le cas d’Alzheimer, la curcumine présente l’intérêt d’inhiber la formation des agrégats protéiques anormaux qui caractérisent la maladie.

La capacité du curcuma à traverser aisément la barrière hémato-encéphalique le rend d’ailleurs plus qu’utile en cas de cancer du cerveau. Une étude a ainsi montré que les cellules cancéreuses du cerveau, difficiles à éliminer par chimiothérapie, sont ralenties dans leur croissance par le curcuma.

Tout cela paraît un peu trop beau…

Oui, il faut hélas revenir au principe de réalité, à savoir que nous parlons là d’un produit naturel, donc non brevetable. Or, sans brevet, pas de profit à escompter pour les grands laboratoires, qui sont pourtant les seuls à disposer des moyens financiers nécessaires pour entreprendre des études de grande envergure (5) sur la curcumine et la faire passer du statut de complément à celui de médicament.

Cette situation est bien regrettable, d’autant plus que le curcuma dispose d’avantages appréciables : il est peu onéreux et peut se cultiver dans toutes les régions suffisamment chaudes du globe.

De surcroît, il est maintenant acquis que la curcumine ne se révèle aucunement toxique pour l’organisme, même consommée à hautes doses.

Un petit bémol, toutefois : le curcuma est contre-indiqué en cas d’obstruction biliaire, à cause de son effet cholérétique/cholagogue. Certains le déconseillent aussi à la femme enceinte – du moins à fortes doses – parce qu’il est susceptible de stimuler les contractions utérines. Prudence enfin en cas de prise d’anticoagulants et d’antiplaquettaires.

 

curcumine santé

 

En pratique, comment utiliser au mieux le curcuma afin d’en retirer le maximum de bienfaits ?

Le curcuma peut s’utiliser comme condiment (action préventive) ou complément alimentaire (action curative). Cette épice a l’avantage de pouvoir être facilement intégrée à de très nombreuses préparations culinaires : soupes, vinaigrettes, plats de pâtes, de poissons, de viandes…

Le gros problème de la curcumine, c’est qu’elle est faiblement absorbée lors de son passage dans l’intestin. Il existe cependant des moyens d’améliorer le niveau d’absorption de la curcumine. Pour cela, il suffit d’associer le curcuma au poivre noir (piperine), à un corps gras ou à une enzyme, la bromelaïne (ou bromelase).

Une solution culinaire, à mon sens : le bon petit plat mijoté dans lequel on trouve du poivre noir et du curcuma mélangé dès le départ à une huile végétale. La chaleur de la cuisson entraîne la dissolution progressive du curcuma, ce qui garantit une assimilation supérieure de la curcumine.

Côté compléments, on trouve sur le marché des extraits de curcuma hautement concentrés en curcumine, afin de répondre à des besoins thérapeutiques spécifiques. La posologie moyenne est de 2 à 4 gélules par jour. Une gélule d’extrait sec titré en curcumine apporte en moyenne 300 mg de ce pigment. L’absorption de telles quantités journalières de curcumine via l’alimentation nécessiterait la consommation de 2 à 4 cuillerées à soupe de curcuma !

Nombre de fabricants ont leurs petits «secrets» pour améliorer la biodisponibilité de leur produit : ajout de pipérine, utilisation de cyclodextrine, recours à la fermentation lactique…

Nouvellement la curcumine pure à 95% et 5% pipérine, se décline en sirop ce qui favorise une meilleure absorption par l’organisme, il suffit de le boire à la cuillère (attention la pipérine c’est du poivre, donc ça pique un peu !), l’ajouter à un potage, un jus, une cuisine, un thé, ect..

Depuis 1999, l’Union européenne autorise l’irradiation des épices et herbes aromatiques séchées. Comme le cahier des charges de l’agriculture biologique interdit l’irradiation des aliments, choisissez donc systématiquement du curcuma traité au naturel pour ne pas dire le plus « bio » possible !

Notes :

(1) La composition du curry, mélange de plantes et d’épices, varie en fonction de son origine (Inde, Pakistan, Ceylan). Hormis le curcuma, on peut y trouver : ail, oignon, coriandre, cardamome, cumin, cannelle, clou de girofle, fenouil, fenugrec, gingembre, laurier muscade, noix de coco, piment, poivre…

(2) Le curcuma gagnera à être associé à Boswellia Serrata, Moringa Oleifera, ..

(3) Les médecins du XIXe siècle préconisaient déjà le curcuma comme stimulant du foie et excitant des fonctions digestives et diurétiques. D’autres indications apparurent ultérieurement, comme la jaunisse et les troubles urinaires.

(4) Signe de l’intérêt croissant pour le curcuma dans le monde médical : en 2008, dans l’un des n° de sa revue, l’institut national du cancer américain (NCI-USA) a consacré un éditorial à cette épice !

(5) Jusqu’à présent, les moyens alloués aux chercheurs ont permis d’effectuer beaucoup d’études expérimentales (sur lignées cellulaires) et pré-cliniques (sur modèle animal), et de plus rares essais cliniques sur l’homme incluant un nombre de sujets limité. À quand donc la réalisation d’études cliniques de plus grande envergure sur l’homme ?

 

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Quelques résultats de travaux scientifiques publiés très récemment

  • Chez des malades du SIDA souffrant de diarrhée, la prise d’un peu moins de 2 g par jour de curcumine a permis une résolution rapide et complète du problème de diarrhée, un gain de poids substantiel et une réduction du météorisme et des douleurs abdominales.
  • La curcumine s’avère très indiquée en prévention et traitement de la fonte musculaire consécutive à des périodes d’immobilisation (fractures, maladies graves…).
  • On connaissait déjà les effets positifs du curcuma sur la santé cardio-vasculaire, sa capacité à prévenir l’oxydation du cholestérol. Or, une étude vient de mettre en évidence une autre capacité de la curcumine, celle de réduire l’hypertrophie du cœur, diminuant ainsi le risque d’infarctus.

CURCUMA en bref

Propriétés : Anti-inflammatoire, antioxydante, anticancéreuse, neuroprotectrice, anti-Alzheimer, antiulcéreuse, hypocholestérolémique, hépatotonique, cholérétique, cholagogue, cardio-protectrice, anti-thrombotique, anti-œdémateuse après traumatisme, anti-infectieuse (antibactérienne, antivirale, antiparasitaire), antispasmodique à tropisme intestinal…

Indications ou rôle thérapeutique potentiel selon les données actuellement disponibles, qui recoupent ou élargissent le champ des indications traditionnelles (liste non exhaustive) :

  • Système digestif : troubles digestifs (maux d’estomac, nausées, ballonnements…), stimulation de l’appétit, ulcères gastriques, infection à Helicobacter pylori, vésicule biliaire atone, lithiase vésiculaire, coliques biliaires, insuffisance hépatique, pancréatite, cancer du pancréas, polypes intestinaux, cancer colorectal, syndrome de l’intestin irritable, colite ulcéreuse, prévention de récidive de rectocolite hémorragique, maladie de Crohn, diarrhées, dysenterie, amélioration du péristaltisme intestinal.
  • Système ostéomusculaire : arthrite, polyarthrite rhumatoïde, arthrose, fonte musculaire.
  • Système cardio-vasculaire : hypercholestérolémie, athérosclérose, hypertrophie du cœur, prédisposition aux thromboses.
  • Système urogénital : cancer de la prostate (associé à une consommation importante de légumes crucifères crus ou sous forme de jeunes pousses), lésions précancéreuses de cancer de vessie (associé là aussi à crucifères, plus particulièrement brocoli).
  • Système tégumentaire : dermatoses prurigineuses, psoriasis, gale, brûlures suite à radiothérapie, maladie de Bowen.
  • Autres : Toutes maladies chroniques avec forte composante inflammatoire, toutes inflammations de la peau ou des tissus et organes internes, uvéite, maladies neurodégénératives, prévention des cancers, potentialisation de l’efficacité de certaines chimiothérapies (à ce jour : gemcitabine, paclitaxel, docetaxel, oxaliplatine), douleurs postopératoires, suites opératoires d’hernie inguinale, certaines infections bactériennes, virales, fongiques et parasitaires (en particulier paludisme), diabète, asthme, mucoviscidose.

 

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